Escherichia coli : symptômes, transmission et prévention en hygiène alimentaire

Par Nicolas18 min de lecture

Bactéries Escherichia coli en forme de bâtonnets verts, image de synthèse

L’essentiel

  • Formation : 14 heures
  • Durée : 2 jours
  • Tarif : à partir de 399 €
Voir les dates et les tarifs
Sommaire
  1. Qu’est-ce que le genre Escherichia ?

  2. Quels sont les différents types d’Escherichia coli ?

    1. Les souches intestinales et celles qui produisent des shigatoxines

    2. Les autres souches digestives et les souches urinaires

  3. Comment se transmettent les E. coli pathogènes ?

    1. Par les aliments et l’eau contaminés

    2. Par les contacts et la contamination croisée

  4. Quels aliments peuvent être concernés ?

    1. La viande hachée et les préparations à base de viande

    2. Le lait cru et certains fromages

    3. Les végétaux, les graines germées et l’eau

  5. Quels sont les symptômes d’une infection digestive ?

  6. Qu’est-ce que le syndrome hémolytique et urémique ?

  7. Escherichia coli et infection urinaire : quel rapport ?

  8. Comment diagnostique-t-on une infection à E. coli ?

  9. Quels traitements sont utilisés ?

  10. Comment prévenir la contamination à la maison ?

    1. Se laver les mains régulièrement

    2. Séparer les produits crus et les aliments prêts à manger

    3. Cuire à cœur les viandes hachées

    4. Maîtriser la conservation et l’eau utilisée

  11. Escherichia coli en restauration : comment maîtriser le risque ?

    1. Identifier les étapes sensibles

    2. Organiser les flux et former les équipes

    3. Surveiller les températures et interpréter les analyses

  12. Que faire en cas de suspicion ou de rappel alimentaire ?

    1. Pour les consommateurs

    2. Pour les professionnels

  13. Questions fréquentes sur Escherichia coli

    1. Peut-on reconnaître un aliment contaminé ?

    2. La congélation détruit-elle les E. coli ?

    3. Une infection à E. coli est-elle contagieuse ?

    4. Faut-il supprimer tous les fromages de l’alimentation des enfants ?

    5. Escherichia et Escherichia coli sont-ils synonymes ?

  14. À retenir

  15. Sources et liens utiles

Quelle formation choisir ?

Deux formats selon votre projet : la formation hygiène alimentaire seule, ou le pack qui y ajoute le permis d’exploitation pour servir aussi de l’alcool.

Hygiène alimentaire 2 jours · à partir de 399 € La formation de 14 heures exigée en restauration commerciale.Pack restaurateur 5 jours · à partir de 799 € Hygiène alimentaire et permis d’exploitation réunis.

Le nom Escherichia désigne un genre de bactéries dont l’espèce la plus connue est Escherichia coli, souvent appelée E. coli ou colibacille. Cette bactérie est naturellement présente dans l’intestin de l’être humain et de nombreux animaux. La majorité de ses souches ne provoquent pas de maladie, mais certaines peuvent être responsables d’infections digestives, urinaires ou, plus rarement, d’infections graves.

Dans le domaine alimentaire, l’attention se porte notamment sur les souches capables de produire des shigatoxines. Elles peuvent être transmises par des aliments contaminés, de l’eau ou des contacts avec des animaux. Chez certaines personnes, en particulier les jeunes enfants, elles peuvent entraîner des complications rénales nécessitant une prise en charge urgente.

Comment distinguer les différents types d’E. coli ? Quels aliments présentent un risque et quels gestes adopter à la maison ou en restauration ? Ce guide détaille les modes de contamination, les symptômes, la prévention et la conduite à tenir en cas de suspicion d’infection ou de rappel de produit.

Bactéries Escherichia coli en forme de bâtonnets verts, image de synthèse

Sommaire
  1. Qu’est-ce que le genre Escherichia ?

  2. Quels sont les différents types d’Escherichia coli ?

    1. Les souches intestinales et celles qui produisent des shigatoxines

    2. Les autres souches digestives et les souches urinaires

  3. Comment se transmettent les E. coli pathogènes ?

    1. Par les aliments et l’eau contaminés

    2. Par les contacts et la contamination croisée

  4. Quels aliments peuvent être concernés ?

    1. La viande hachée et les préparations à base de viande

    2. Le lait cru et certains fromages

    3. Les végétaux, les graines germées et l’eau

  5. Quels sont les symptômes d’une infection digestive ?

  6. Qu’est-ce que le syndrome hémolytique et urémique ?

  7. Escherichia coli et infection urinaire : quel rapport ?

  8. Comment diagnostique-t-on une infection à E. coli ?

  9. Quels traitements sont utilisés ?

  10. Comment prévenir la contamination à la maison ?

    1. Se laver les mains régulièrement

    2. Séparer les produits crus et les aliments prêts à manger

    3. Cuire à cœur les viandes hachées

    4. Maîtriser la conservation et l’eau utilisée

  11. Escherichia coli en restauration : comment maîtriser le risque ?

    1. Identifier les étapes sensibles

    2. Organiser les flux et former les équipes

    3. Surveiller les températures et interpréter les analyses

  12. Que faire en cas de suspicion ou de rappel alimentaire ?

    1. Pour les consommateurs

    2. Pour les professionnels

  13. Questions fréquentes sur Escherichia coli

    1. Peut-on reconnaître un aliment contaminé ?

    2. La congélation détruit-elle les E. coli ?

    3. Une infection à E. coli est-elle contagieuse ?

    4. Faut-il supprimer tous les fromages de l’alimentation des enfants ?

    5. Escherichia et Escherichia coli sont-ils synonymes ?

  14. À retenir

  15. Sources et liens utiles

Qu’est-ce que le genre Escherichia ?

Le genre Escherichia appartient à la famille des entérobactéries. Il regroupe plusieurs espèces de bactéries ; Escherichia coli est celle qui retient le plus souvent l’attention en médecine et en sécurité alimentaire. Ce sont des bactéries microscopiques que l’on peut retrouver dans le tube digestif, dans les déjections et, après contamination, dans l’environnement, l’eau ou certains aliments.

La présence d’E. coli dans l’intestin n’est pas en soi anormale. De nombreuses souches coexistent avec les autres micro-organismes du microbiote sans provoquer de symptômes. En revanche, certaines possèdent des caractéristiques particulières leur permettant de provoquer une maladie, notamment en produisant des toxines ou en colonisant des tissus où elles ne devraient pas se trouver.

Il faut donc éviter une confusion fréquente : toutes les bactéries E. coli ne sont pas dangereuses, et une souche associée à une infection urinaire n’est pas nécessairement identique à une souche responsable d’une intoxication alimentaire. Les circonstances, les propriétés de la souche et le site de l’infection comptent autant que le nom de la bactérie.

Quels sont les différents types d’Escherichia coli ?

Des bactéries Escherichia coli roses, couvertes de filaments

Les souches intestinales et celles qui produisent des shigatoxines

Certaines souches responsables de maladies digestives sont appelées STEC, car elles produisent des shigatoxines. Parmi elles, les E. coli entérohémorragiques, ou EHEC, sont associés à des diarrhées parfois sanglantes et peuvent conduire à un syndrome hémolytique et urémique. Tous les STEC n’ont pas nécessairement le même potentiel pathogène.

Le sérogroupe O157 est souvent cité, mais d’autres sérogroupes peuvent également provoquer des infections graves. L’identification ne se limite donc pas à un seul numéro : les laboratoires recherchent, selon le contexte, les gènes des toxines, les toxines elles-mêmes et d’autres caractéristiques utiles. L’Institut Pasteur présente les E. coli entérohémorragiques et leurs complications.

Les autres souches digestives et les souches urinaires

D’autres catégories d’E. coli peuvent provoquer une diarrhée par des mécanismes différents. Les souches entérotoxinogènes, par exemple, produisent des toxines associées à des diarrhées aqueuses et sont notamment connues comme une cause de diarrhée du voyageur. Elles ne doivent pas être confondues avec les STEC : leur mode d’action et leur prise en charge ne sont pas identiques.

Des souches dites uropathogènes peuvent, quant à elles, atteindre les voies urinaires et provoquer une cystite ou une infection du rein. La bactérie peut parfois atteindre la circulation sanguine, en particulier chez des personnes vulnérables. Ces infections ne signifient pas automatiquement qu’un aliment contaminé a été consommé.

Comment se transmettent les E. coli pathogènes ?

Dessin d'une bactérie Escherichia coli jaune avec ses flagelles

Par les aliments et l’eau contaminés

Les STEC peuvent être présents dans l’intestin de ruminants, notamment les bovins, sans que les animaux soient nécessairement malades. Les bactéries sont ensuite excrétées et peuvent contaminer l’environnement, l’eau ou les aliments. La contamination peut survenir à différentes étapes : élevage, abattage, production laitière, culture, transformation, transport ou préparation.

Une personne peut s’infecter en avalant un produit contaminé, même lorsque son aspect, son odeur et son goût paraissent normaux. Pour certains STEC, une faible quantité de bactéries peut suffire à provoquer une infection. La prévention repose donc sur plusieurs barrières complémentaires, et pas uniquement sur l’apparence du produit.

Par les contacts et la contamination croisée

Le contact avec des animaux, leur litière ou un environnement souillé peut transmettre la bactérie si les mains contaminées sont ensuite portées à la bouche. Les visites de fermes et les contacts avec des animaux nécessitent une attention particulière chez les enfants : un lavage soigneux des mains à l’eau et au savon doit suivre la visite, avant de manger ou de toucher son visage.

La transmission entre personnes est également possible par voie féco-orale, notamment lorsque le lavage des mains est insuffisant après le passage aux toilettes ou le change d’un enfant. En cuisine, une planche, des ustensiles ou des mains ayant touché une viande crue peuvent contaminer une salade ou un autre aliment qui ne sera pas recuit : c’est la contamination croisée.

Quels aliments peuvent être concernés ?

La viande hachée et les préparations à base de viande

La viande hachée de bœuf insuffisamment cuite est une source connue d’infection à STEC. Lors du hachage, des bactéries présentes à la surface de la viande peuvent être réparties dans toute la préparation. Une cuisson limitée à l’extérieur ne suffit donc pas nécessairement à rendre le centre sûr.

Les steaks hachés, boulettes et préparations similaires demandent une attention particulière lorsqu’ils sont destinés à des jeunes enfants ou à des personnes vulnérables. Les viandes crues et leurs jus doivent rester séparés des aliments prêts à consommer. Les consignes de cuisson et de conservation figurant sur l’emballage doivent être respectées.

Le lait cru et certains fromages

Le lait cru et des produits fabriqués à partir de lait non pasteurisé peuvent être contaminés. Pour les jeunes enfants, en particulier avant cinq ans, les autorités sanitaires recommandent d’éviter le lait cru et les fromages au lait cru, à l’exception des fromages à pâte pressée cuite tels que le comté, le beaufort ou l’emmental. Les fromages au lait pasteurisé et les fromages fondus constituent d’autres choix possibles.

La pasteurisation diminue les risques microbiologiques, mais un produit pasteurisé peut être recontaminé après traitement. Il reste donc nécessaire de respecter les dates, la température de stockage et les bonnes pratiques d’hygiène. Pour les personnes enceintes, âgées ou immunodéprimées, d’autres recommandations alimentaires peuvent également s’appliquer.

Les végétaux, les graines germées et l’eau

Des fruits, légumes, salades, herbes aromatiques, jeunes pousses et graines germées peuvent être contaminés par le sol, l’eau, des déjections ou des manipulations. Les jus non pasteurisés et l’eau non potable ont également été impliqués dans des épisodes de contamination. La fiche scientifique de l’Anses sur les STEC et les EHEC détaille les principales sources alimentaires.

Lavez soigneusement les végétaux à l’eau potable et épluchez-les lorsque c’est possible. Le lavage réduit les souillures, mais ne garantit pas l’élimination de toutes les bactéries. Les graines germées crues nécessitent une vigilance particulière, car leurs conditions de germination peuvent favoriser la multiplication de micro-organismes.

Quels sont les symptômes d’une infection digestive ?

Lors d’une infection à EHEC, les signes apparaissent souvent autour de trois à quatre jours après la contamination, avec un délai qui peut varier. Les symptômes peuvent comprendre des douleurs ou crampes abdominales et une diarrhée qui devient parfois sanglante. Des nausées, des vomissements et une fièvre peuvent aussi survenir ; la fièvre peut toutefois être absente.

La plupart des personnes guérissent, mais les symptômes ne permettent pas de confirmer seuls la présence d’E. coli. D’autres bactéries, virus ou problèmes de santé peuvent provoquer des troubles similaires. En outre, le dernier repas consommé n’est pas nécessairement responsable : le délai entre l’exposition et les signes rend parfois l’identification difficile.

Quand consulter rapidement ? En cas de diarrhée sanglante, de douleurs abdominales importantes, de signes de déshydratation ou si un jeune enfant présente une diarrhée préoccupante, demandez rapidement un avis médical. Une grande pâleur, une fatigue inhabituelle ou une diminution des urines après une diarrhée imposent une évaluation urgente. En cas de malaise grave ou de dégradation rapide, appelez le 15 ou le 112.

Qu’est-ce que le syndrome hémolytique et urémique ?

Le syndrome hémolytique et urémique, souvent abrégé en SHU, est une complication grave pouvant apparaître après une infection à certaines souches productrices de shigatoxines. Il associe notamment une destruction des globules rouges, une diminution des plaquettes et une atteinte des reins. Il touche particulièrement les jeunes enfants, même si d’autres personnes peuvent être concernées.

Après une phase de diarrhée, les signes d’alerte peuvent comprendre une pâleur marquée, une fatigue importante, des urines moins abondantes ou foncées et une aggravation de l’état général. Le SHU nécessite une prise en charge hospitalière rapide. Les traitements sont adaptés aux conséquences de la maladie et peuvent comprendre, selon la gravité, une dialyse ou des transfusions.

La présence d’une diarrhée sanglante ne signifie pas que cette complication va forcément survenir. En revanche, elle justifie de ne pas attendre pour demander un avis médical, particulièrement chez l’enfant. Une surveillance attentive est importante même si la diarrhée semble commencer à s’améliorer.

Escherichia coli et infection urinaire : quel rapport ?

E. coli est une cause fréquente de cystite. Dans beaucoup de cas, des bactéries issues de la région digestive atteignent l’urètre puis la vessie. Les symptômes possibles sont des brûlures en urinant, des envies fréquentes et urgentes d’uriner, ainsi qu’une gêne dans le bas-ventre. Ces symptômes doivent être évalués en tenant compte de l’âge, du sexe, d’une éventuelle grossesse et de l’état de santé.

Une fièvre, des frissons, une douleur dans le dos ou sur le côté, des vomissements ou une altération de l’état général peuvent évoquer une infection remontée vers le rein et nécessitent un avis médical rapide. Chez une personne enceinte, un enfant ou une personne présentant un terrain fragile, les modalités de consultation et de traitement doivent être adaptées.

Les infections urinaires et les infections alimentaires à STEC ne se prennent pas en charge de la même manière. Un antibiotique peut être utile pour une infection urinaire bactérienne lorsqu’il est indiqué par un professionnel de santé ; cela ne signifie pas qu’il faut en prendre pour une diarrhée suspecte d’EHEC.

Comment diagnostique-t-on une infection à E. coli ?

Le diagnostic dépend de la localisation de l’infection. En cas de troubles digestifs, un professionnel de santé peut demander une analyse de selles afin de rechercher une souche productrice de shigatoxines ou ses facteurs de virulence. La présence d’E. coli dans l’intestin étant habituelle, il ne suffit pas de détecter la bactérie sans identifier les caractéristiques pertinentes.

Pour une infection urinaire, une bandelette et, selon la situation, un examen cytobactériologique des urines peuvent être utilisés. L’analyse peut identifier la bactérie et étudier sa sensibilité à différents antibiotiques. En cas de suspicion de SHU, des analyses sanguines et urinaires permettent notamment de surveiller les globules rouges, les plaquettes et la fonction rénale.

Informez le professionnel de santé si plusieurs personnes ayant partagé un repas sont malades, si vous avez été en contact avec des animaux ou si vous avez consommé un produit faisant l’objet d’un rappel. Ces informations orientent l’évaluation sans suffire, à elles seules, à prouver l’origine de l’infection.

Quels traitements sont utilisés ?

La prise en charge d’une diarrhée repose notamment sur la compensation des pertes en eau et en sels minéraux. Il faut boire régulièrement si cela est possible. Chez le jeune enfant, une solution de réhydratation orale peut être utilisée selon les conseils d’un professionnel de santé. Une personne qui ne parvient pas à boire ou présente des signes de déshydratation doit être évaluée rapidement.

En cas de suspicion d’infection à EHEC, ne prenez pas d’antibiotiques ou de médicaments qui ralentissent le transit sans avis médical. La plupart des antibiotiques sont déconseillés dans ce contexte en raison du risque de complications ; la décision relève de l’équipe soignante. Les antidiarrhéiques ne doivent pas être utilisés en automédication dans cette situation.

Pour une infection urinaire ou une autre infection bactérienne, le médecin peut au contraire prescrire un antibiotique adapté. Il est important de suivre la prescription et de ne pas réutiliser un ancien traitement. La résistance aux antibiotiques concerne certaines souches d’E. coli ; le bon usage des traitements contribue à préserver leur efficacité.

Comment prévenir la contamination à la maison ?

1. Se laver les mains régulièrement

Lavez-vous soigneusement les mains à l’eau et au savon avant de préparer un repas et avant de manger. Faites-le aussi après les toilettes, après avoir changé un enfant, après avoir manipulé de la viande crue et après un contact avec des animaux ou leur environnement. Séchez vos mains avec un support propre.

Apprenez ces gestes aux enfants, en particulier après une visite de ferme ou de parc animalier. Une personne qui souffre de diarrhée doit éviter de préparer des repas pour d’autres personnes. Le nettoyage régulier des toilettes et des surfaces fréquemment touchées contribue également à limiter la transmission.

2. Séparer les produits crus et les aliments prêts à manger

Utilisez, si possible, des planches et des ustensiles distincts pour la viande crue et pour les légumes ou préparations qui ne seront pas cuits. Sinon, lavez soigneusement le matériel entre les opérations. Nettoyez le plan de travail après la manipulation de produits crus et remplacez les chiffons ou éponges souillés.

Au réfrigérateur, placez les viandes crues dans des emballages ou récipients fermés afin que leur jus ne coule pas sur d’autres aliments. Ne déposez pas un produit cuit dans l’assiette qui a contenu sa version crue sans l’avoir préalablement lavée. Ces gestes sont utiles contre plusieurs agents responsables de maladies alimentaires.

3. Cuire à cœur les viandes hachées

Pour les jeunes enfants et les personnes vulnérables, faites cuire complètement les steaks hachés et autres préparations à base de viande hachée. Vérifiez que la chaleur atteint le centre de la préparation ; un thermomètre alimentaire aide à contrôler le point le plus froid. Suivez les consignes du produit et, en restauration, les paramètres validés dans le plan de maîtrise sanitaire.

La couleur à elle seule n’est pas une mesure précise de la température. Évitez également de goûter une préparation crue pendant sa réalisation. Pour un produit surgelé, respectez les instructions de préparation indiquées par le fabricant et ne supposez pas que la congélation a détruit les bactéries.

4. Maîtriser la conservation et l’eau utilisée

Respectez les dates et les températures mentionnées sur les emballages, rangez rapidement les produits périssables et surveillez la température du réfrigérateur. Dans sa zone la plus froide, une température comprise entre 0 et 4 °C est généralement recommandée. Le froid ralentit la multiplication de nombreuses bactéries, mais ne détruit pas de manière fiable les STEC.

Utilisez de l’eau potable pour boire, cuisiner, fabriquer des glaçons et laver les aliments. En cas d’avis local signalant une eau impropre à la consommation, suivez les instructions officielles. Ne consommez pas une eau de rivière ou de source non contrôlée au seul motif qu’elle paraît claire.

Escherichia coli en restauration : comment maîtriser le risque ?

Identifier les étapes sensibles

En restauration commerciale ou collective, la prévention s’inscrit dans un plan de maîtrise sanitaire adapté à l’établissement. Celui-ci repose sur les bonnes pratiques d’hygiène, la traçabilité et des procédures fondées sur l’analyse des dangers. Il ne suffit pas de disposer d’un document : les équipes doivent connaître les consignes et les appliquer réellement.

La réception des viandes et des produits laitiers, le stockage, la préparation de végétaux crus, le hachage, la cuisson et le service sont des étapes à examiner. Les dangers et les mesures retenues dépendent des produits, des procédés, des équipements et des personnes servies. Les repas destinés aux jeunes enfants ou à d’autres publics vulnérables demandent une vigilance renforcée.

Organiser les flux et former les équipes

Séparez autant que possible les opérations portant sur les matières premières crues et celles concernant les aliments prêts à servir. Définissez des règles claires pour les ustensiles, le lavage des mains, le nettoyage et la désinfection. Vérifiez que les employés connaissent les risques liés aux jus de viande et savent protéger les préparations après cuisson.

Un salarié souffrant de diarrhée doit signaler ses symptômes et ne pas manipuler de denrées tant que la situation l’exige. Les décisions concernant la reprise doivent tenir compte des procédures de l’établissement et des recommandations médicales applicables. Une formation régulière est utile, y compris pour les nouveaux arrivants et le personnel temporaire.

Surveiller les températures et interpréter les analyses

Contrôlez les conditions de réception et de conservation, ainsi que les durées et températures définies pour les étapes sensibles. Documentez les vérifications et les mesures correctives en cas d’écart. La température de maintien au chaud et celle qui permet de sécuriser une cuisson sont deux notions différentes : ne les confondez pas.

Les analyses microbiologiques peuvent aider à surveiller les procédés et à vérifier l’application des bonnes pratiques. Leur interprétation dépend de la matrice, du plan d’échantillonnage, de la méthode et du critère applicable. Un dénombrement d’E. coli comme indicateur d’hygiène n’est pas automatiquement une recherche spécifique de STEC pathogènes ; inversement, un résultat négatif sur un échantillon ne garantit pas à lui seul l’absence de danger dans tout un lot.

Que faire en cas de suspicion ou de rappel alimentaire ?

Pour les consommateurs

Si un rappel concerne un produit que vous détenez, vérifiez la marque, la référence, le numéro de lot et les dates indiquées dans l’avis. Ne consommez pas le produit concerné et ne le donnez pas à d’autres personnes ou à des animaux. Suivez les consignes de retour ou de destruction et conservez les informations utiles sur l’emballage.

En France, le site officiel RappelConso permet de consulter les avis de rappel. Si vous avez consommé le produit et présentez des symptômes, contactez un professionnel de santé en mentionnant le rappel. Appliquez également les consignes spécifiques de l’avis, notamment lorsqu’elles concernent un public vulnérable.

Pour les professionnels

Isolez les produits suspects encore sous votre contrôle et empêchez leur utilisation pendant l’évaluation. Vérifiez les informations du fournisseur et du laboratoire, rassemblez les éléments de traçabilité et appliquez votre procédure interne. Si un produit susceptible d’être dangereux a déjà été distribué, mettez en œuvre les mesures de retrait, de rappel et d’information des autorités lorsque la situation l’exige.

Au moins deux cas présentant des symptômes similaires après un repas commun peuvent évoquer une toxi-infection alimentaire collective et doivent être signalés sans attendre aux autorités sanitaires compétentes. L’enquête recherche ensuite l’agent et la source : il ne faut pas conclure automatiquement que le dernier aliment consommé est responsable.

Questions fréquentes sur Escherichia coli

Peut-on reconnaître un aliment contaminé ?

Non. Un aliment peut contenir des bactéries pathogènes sans avoir une odeur, une couleur ou un goût inhabituels. Ne goûtez jamais un produit suspect pour vérifier s’il est consommable et suivez les consignes des avis de rappel.

La congélation détruit-elle les E. coli ?

Pas de manière fiable. Certaines bactéries peuvent survivre au froid et à la congélation. La maîtrise de la cuisson, l’hygiène des mains et la séparation des aliments restent nécessaires après décongélation.

Une infection à E. coli est-elle contagieuse ?

Certaines infections digestives peuvent se transmettre d’une personne à l’autre, surtout si des particules fécales contaminent les mains, les surfaces ou les aliments. Un lavage soigneux des mains après les toilettes et avant de cuisiner est essentiel. La situation dépend de la souche et du type d’infection.

Faut-il supprimer tous les fromages de l’alimentation des enfants ?

Non. Pour les enfants de moins de cinq ans, on évite généralement les fromages au lait cru, avec l’exception des fromages à pâte pressée cuite. Des fromages au lait pasteurisé et des fromages fondus peuvent être proposés dans le cadre d’une alimentation adaptée à l’âge. En cas de doute, demandez conseil à un professionnel de santé.

Escherichia et Escherichia coli sont-ils synonymes ?

Non. Escherichia est le nom d’un genre bactérien, tandis qu’Escherichia coli désigne une espèce de ce genre. En pratique, les informations sur les infections alimentaires ou urinaires concernent le plus souvent des souches particulières d’E. coli.

À retenir

La plupart des souches d’Escherichia coli vivent dans l’intestin sans provoquer de maladie. Certaines peuvent cependant causer des infections digestives ou urinaires. Les STEC et EHEC peuvent être transmis par des aliments, de l’eau ou des contacts contaminés ; chez les jeunes enfants notamment, une complication rénale grave est possible.

Le lavage des mains, la cuisson à cœur des viandes hachées destinées aux personnes vulnérables, la séparation des aliments crus et cuits et le choix de produits adaptés réduisent les risques. En cas de diarrhée sanglante ou de signes évoquant une complication, demandez rapidement un avis médical.

Cet article est informatif et ne remplace pas un avis médical. Les professionnels doivent appliquer les procédures et les textes en vigueur adaptés à leur activité.

Sources et liens utiles

Formation agrément du Ministère de l'intérieur

Rechercher sa formation

Permis d'exploitation

Stages Permis d'Exploitation

Réserver un stage
Hygiène alimentaire

Formations Hygiène Alimentaire

Réserver un stage
PaiementPaiement PayPal en 4 fois