Éthylotest et éthylomètre : deux appareils, deux fonctions

Les deux mots se ressemblent et désignent des appareils qui n'ont ni le même rôle ni la même valeur. L'un dépiste, l'autre mesure. Cette différence décide de ce qui peut être retenu contre un conducteur.

Pour un exploitant, elle décide aussi de ce qu'il peut proposer à sa clientèle, et de ce qu'il ne faut pas lui laisser croire.

L'éthylotest dépiste

L'éthylotest, aussi appelé alcootest, indique un dépassement sans le chiffrer de manière opposable. Son résultat ouvre une vérification, il ne fonde pas une poursuite.

Il en existe deux sortes. L'éthylotest chimique, ou ballon, est à usage unique : il décèle la présence d'alcool dans l'air expiré et sa couleur change lorsque le seuil légal est dépassé. L'éthylotest électronique, lui, est réutilisable : il repose sur un capteur, semi-conducteur ou à pile à combustible selon les modèles.

Un troisième appareil existe, d'un autre ordre : l'éthylotest anti-démarrage, qui empêche le véhicule de démarrer lorsque le souffle du conducteur dépasse le seuil.

L'éthylomètre mesure

L'éthylomètre, lui, mesure avec précision, et c'est sa mesure qui fait foi.

Il est soumis à des normes précises et à un contrôle annuel : un éthylomètre non contrôlé ne produit pas une mesure opposable.

Les marges d'erreur, et le délai de trente minutes

La loi prévoit des marges d'erreur pour maximiser la fiabilité du test. Elles figurent à l'article 3 du décret du 31 décembre 1985 et se lisent au-dessus comme au-dessous du taux affiché :

  • 8 centièmes pour une concentration comprise entre 0,40 et 1 milligramme par litre ;
  • 15 centièmes entre 1 et 2 milligrammes par litre ;
  • 30 centièmes pour une concentration égale ou supérieure à 2 milligrammes par litre.

La loi impose par ailleurs un délai de trente minutes entre la dernière absorption d'alcool, de tabac ou d'un autre produit et la réalisation du test. Un test pratiqué avant ce délai comporte un risque d'erreur : le mélange des substances consommées peut fausser l'affichage.

Ce qui les sépare, en une ligne

Les deux appareils analysent l'air expiré et servent tous deux à apprécier une alcoolémie. La différence tient à la valeur de ce qu'ils produisent : le résultat d'un éthylotest ouvre une vérification, celui d'un éthylomètre établit l'infraction.

C'est la raison pour laquelle un dépistage positif appelle en général une seconde mesure avant toute suite.

La prise de sang

Le taux peut aussi être établi par une prise de sang. Elle s'impose notamment en cas d'accident, matériel ou corporel, et lorsque des stupéfiants sont soupçonnés.

Ce qu'un exploitant peut en faire

Certains établissements sont tenus de mettre un éthylotest à la disposition de leur clientèle. Cette obligation, et le délai au terme duquel un verre est éliminé, sont traités sur la page consacrée au temps nécessaire pour éliminer un verre d'alcool.

Un point mérite d'être dit à un client qui souffle avant de partir : un résultat négatif à un éthylotest ne vaut pas quitus. L'appareil dépiste, l'alcoolémie continue d'évoluer après le dernier verre, et c'est l'éthylomètre des forces de l'ordre qui tranchera.

Les seuils auxquels tout cela se rapporte

Les taux à ne pas dépasser, la différence entre la contravention et le délit et le seuil particulier du permis probatoire figurent sur la page consacrée à l'alcool au volant et aux seuils légaux.

Ce que ces taux représentent en nombre de verres est traité sur celle consacrée à 0,5 gramme par litre de sang et ce que cela représente.

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