Ce qu’il faut réunir pour ouvrir un camion à pizza

Un camion à pizza est une activité de restauration exercée sous un régime particulier, celui du camion pizza et du commerce ambulant. C’est lui qui décide des autorisations à demander, des normes qui s’appliquent au véhicule et de la manière dont l’emplacement s’obtient. Avant de s’engager dans une telle entreprise, il est nécessaire d’en connaître les avantages et les inconvénients, puis de réunir les pièces qu’elle réclame.

Ce que le commerce ambulant change

L’objectif est de s’installer sur un domaine public ou privé pour vendre des pizzas, dans le cadre de la vente à emporter. Par rapport à un local, les avantages du camion à pizza tiennent à l’absence de loyer, à une procédure administrative moins fastidieuse, et à la mobilité, qui permet d’aller à la quête de nouveaux points de vente en fonction des saisons ou des centres d’intérêt, marché, festival, concert.

À l’inverse, les inconvénients du camion à pizza tiennent à l’espace réduit qu’il offre au commerçant, aux autorisations dont le nombre est plafonné dans certaines zones, lesquelles peuvent s’avérer plus profitables, et au fait que le gérant n’est pas autorisé à fournir à sa clientèle des pizzas à consommer sur place.

La carte de commerçant ambulant

Cette carte s’impose très souvent, lorsque l’exploitant est amené à exercer ses activités en dehors du lieu de situation habituelle de son entreprise. Par lieu de situation, il faut entendre la commune de l’entreprise concernée. Dès lors qu’une personne exerce son activité artisanale ou commerciale en dehors de la commune où l’entreprise est domiciliée, elle doit détenir la carte de commerçant ambulant.

Elle figure parmi les trois conditions de l’autorisation de stationner sur un emplacement public. Le choix du statut juridique, lui, conditionne la démarche d’immatriculation de l’entreprise.

L’autorisation d’occuper un emplacement

Un camion à pizza est une activité de restauration : son emplacement obéit à des règles strictes, comme celui des restaurants traditionnels. Pour bénéficier d’une autorisation de stationnement, trois conditions sont à satisfaire :

  • la détention de la carte de commerce ambulant ;
  • la souscription aux assurances professionnelles ;
  • la justification sur l’hygiène.

Deux régimes se présentent ensuite, selon que l’emplacement relève du domaine public ou d’un terrain privé. Les emplacements temporaires ou saisonniers se rattachent au premier.

Sur un emplacement public

Chaque commune où vous souhaitez vous installer suppose une nouvelle demande auprès de ses autorités municipales, avec les trois pièces précitées. L’autorisation de stationner à un emplacement public n’est pas de droit : l’administration peut refuser de vous la donner, mais elle est tenue de motiver sa décision, qui peut être attaquée devant le juge administratif.

Tous les emplacements du domaine public ne sont pas éligibles à une autorisation préalable. Dans ce cas, les autorités municipales peuvent permettre aux tenanciers de camion à pizza de s’installer, mais ils doivent payer une redevance à la mairie. On rencontre cette forme d’engagement pour les emplacements saisonniers ou temporaires, et les emplacements réguliers, un marché par exemple, sont eux aussi généralement payants.

Sur un terrain privé

L’emplacement choisi peut appartenir à une personne privée, à une société ou à une entreprise relevant du droit privé. Il faut alors adresser au propriétaire du lieu, ou au gérant de la structure commerciale dont vous occupez le parking ou la terrasse, une demande d’autorisation préalable, qui doit être écrite et signée.

Là encore, une redevance périodique est due, dont le montant dépend de ce qui a été stipulé dans le contrat. L’emplacement reste un choix stratégique, qui permet d’acquérir plus facilement des clients. Une fois les autorisations obtenues, il reste à fixer des jours d’ouverture en fonction des différents lieux où vous avez le droit de vous installer, pour que la clientèle vous retrouve.

Les règles qui portent sur le camion lui-même

En dehors de la carte de commerçant ambulant et de la demande d’autorisation pour stationner, trois catégories de règles s’imposent à l’exploitant d’un camion à pizza : celles qui portent sur l’usage du camion, celles qui portent sur la restauration rapide, et l’obligation de disposer d’assurances professionnelles.

Un camion pizza dépend de la législation des commerces ambulants, et le véhicule doit répondre à plusieurs obligations réglementaires :

  • la carte grise doit porter la mention « VASP Magasin » ou « VTSU » ;
  • l’homologation du véhicule est à vérifier ;
  • si le camion possède un four à gaz, les bouteilles doivent être placées à l’extérieur de celui-ci ;
  • si vous utilisez du gaz liquéfié, un diagnostic préalable est effectué, à la suite duquel s’acquiert le certificat NFS 56200.

On recommande par ailleurs de veiller au respect des règles de sécurité propres à l’activité, et l’extincteur en est l’exemple le plus courant.

Acquérir un camion qui répond à ces obligations est impératif : en cas de manquement, l’exploitant en répond. Les visites des agents administratifs peuvent par ailleurs coûter très cher à celui qui n’observe pas ces règles, sans compter les conséquences dommageables que sa défaillance aurait entraînées.

La formation à l’hygiène alimentaire

Ouvrir un camion pizza est une activité qui relève entièrement de la restauration. L’exploitant est tenu, à ce titre, de respecter les règles propres à la restauration rapide, qu’il acquiert au cours d’une formation à l’hygiène.

Cette formation dure 14 heures, et l’obligation s’applique depuis le 1er octobre 2012. Les organismes qui la dispensent se déclarent auprès de la DRAAF de leur région, qui les inscrit au répertoire ROFHYA. En Île-de-France, le service s’appelle DRIAAF.

Elle ne se suit pas entièrement à distance. L’arrêté du 12 février 2024 impose, sur les quatorze heures, au moins deux heures par période de sept heures en présence du formateur, soit quatre heures de présentiel au minimum. Le Conseil d’État l’a confirmé le 1er juillet 2025, décision n° 493547.

Les candidats y sont sensibilisés aux règles d’hygiène applicables au secteur de la restauration, notamment :

  • nettoyer et désinfecter fréquemment les surfaces en lien direct avec les aliments ;
  • veiller à séparer les produits désinfectants des produits alimentaires ;
  • veiller à ne pas interrompre la chaîne du froid ;
  • assurer une bonne aération de l’installation.

La licence, si vous vendez des boissons alcoolisées

Vendre des pizzas est une chose, proposer des boissons alcoolisées en est une autre. Dans ce second cas, l’exploitant doit obtenir, parallèlement à sa formation à l’hygiène alimentaire, la licence qui correspond aux boissons commercialisées. Les boissons du 1er groupe, c’est-à-dire sans alcool, n’en demandent aucune.

Un camion à pizza vend à emporter. L’article L3331-3 du Code de la santé publique distingue deux licences pour cette forme de vente : la petite licence à emporter, pour les boissons du 3e groupe, et la licence à emporter, pour toutes les boissons dont la vente est autorisée.

Le permis d’exploitation est une pièce distincte. Il atteste d’une formation et ne remplace rien : ni la licence, ni la déclaration d’ouverture à effectuer en mairie, ou à la préfecture de police à Paris, au moins quinze jours avant l’ouverture. Il s’impose pour la vente d’alcool à emporter entre 22 heures et 8 heures, et il dure 20 heures réparties sur trois jours au minimum.

Les assurances professionnelles

Le camion est l’outil principal de l’exploitant, et c’est ce qui distingue cette activité des autres activités de restauration. Conformément aux exigences légales, il doit souscrire une assurance au niveau du véhicule professionnel, afin de faire face aux éventuels risques que celui-ci pourrait entraîner.

Il est également recommandé de souscrire une assurance au niveau du matériel, pour les risques inhérents à la présence d’un four à pizza dans le véhicule. On distingue encore l’assurance des marchandises et l’assurance contre la perte de revenus, pour l’exploitant qui veut couvrir une interruption de son activité.

Le prix de l’assurance dépend de plusieurs facteurs :

  • la zone géographique du camion à pizza ;
  • l’état du véhicule et ses caractéristiques ;
  • le nombre de kilomètres parcourus ;
  • le matériel utilisé à l’intérieur du camion ;
  • le niveau de couverture demandé.

Ce dernier facteur influence grandement le prix : opter pour une assurance tous risques engage à payer davantage. Un courtier en assurance est censé proposer les meilleures offres du marché.

Acheter ou louer le véhicule

L’achat d’un camion pizza d’occasion est moins conséquent que celui d’un camion neuf. Encore faut-il s’assurer que le véhicule correspond aux règles et aux normes d’hygiène et de sécurité. Songez, au moment de l’achat, à vous faire accompagner d’un professionnel qui s’y connaît en matière de camion à pizza, pour ne pas faire les frais d’une vente abusive ou de vices cachés.

L’achat d’un camion neuf représente un investissement plus conséquent, à appréhender dans le business plan et dans le calcul des coûts. Il présente en revanche moins de difficultés quant à la conformité du véhicule, et ne nécessite que très peu d’adaptation, voire aucune.

Si vous en êtes réellement à votre coup d’essai et que vous voulez tester la rentabilité d’un marché local, on conseille généralement de privilégier la location : au bout d’un temps assez bref, les chiffres réalisés doivent vous mettre la puce à l’oreille. Cette option n’est en revanche pas à privilégier sur le long terme, où elle affecte les finances.

Le prévisionnel financier

Le projet de création d’entreprise se double utilement d’un prévisionnel financier, qui fixe des objectifs et évite de naviguer à vue. Il donne l’occasion d’évaluer plusieurs critères :

  • votre politique tarifaire ;
  • le choix de vos ingrédients ;
  • le rapport qualité prix.

En tenant compte de l’achat des matières premières, de tous les ingrédients qui entrent dans la composition de la pizza et des charges inhérentes à l’activité, coût de l’emplacement, rémunération du personnel et autres frais, le bénéfice éventuel se déduit. Ouvrir un camion à pizza n’est pas un gage absolu de rentabilité : cela dépend du choix de l’emplacement, qui ne se fait pas au hasard.

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